Femmes, classe, émancipation : un combat commun

Discours

Camarades,

Tout d’abord, j’aimerais remercier la WAP pour cette initiative et vous dire que je suis heureuse et honorée de représenter le PCB-CPB dans l’organisation des femmes de la WAP ici à Caracas !

Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est pour parler des femmes. Mais pas seulement des femmes comme sujet isolé. Nous sommes ici pour parler des femmes dans leur réalité concrète : celle du travail, de la précarité, de l’exploitation, de l’invisibilité. Car la condition des femmes ne peut pas être comprise en dehors de la lutte des classes.

Être une femme dans une société capitaliste, c’est subir une double peine : l’exploitation économique en tant que travailleuse, et l’oppression patriarcale en tant

que femme. Et pour les femmes des classes populaires, c’est souvent une triple peine : travailleuse, femme, et pauvre.

Trop longtemps, on a présenté le féminisme comme un combat “entre les sexes”, une guerre contre les hommes. Mais ce n’est pas notre combat. Notre lutte à nous, c’est contre le système qui divise pour mieux régner. Un système qui met en concurrence les femmes entre elles, les femmes contre les hommes, les travailleurs contre les travailleuses, et qui masque la racine de l’injustice : l’exploitation capitaliste.

Ce n’est pas un hasard si ce sont les femmes ouvrières qui subissent les pires

conditions de travail. Ce n’est pas un hasard si ce sont elles qui sont en première ligne dans les métiers dits “essentiels” — infirmières, aides-soignantes, caissières, femmes de ménage — mais toujours les moins reconnues, les moins payées, les plus méprisées.

Le patriarcat, loin d’avoir reculé, s’est infiltré dans les mouvements féministes, déguisé sous les traits de militantes, militants se disant progressistes sans remettre en cause les rapports de domination.

Défendre les femmes, OUI ! Créer une case supplémentaire divisant notre classe, NON

Alors, camarades, il faut le dire clairement : l’émancipation des femmes ne se fera pas sans l’émancipation de toute la classe ouvrière. Et inversement : un mouvement ouvrier qui ignore les femmes, qui les marginalise, ne sera jamais révolutionnaire.

Ce que nous voulons, ce n’est pas que quelques femmes accèdent au sommet du système. Ce que nous voulons, c’est changer le système, pour que plus personne ne soit écrasé. Ni les femmes. Ni les hommes. Ni les pauvres. Ni les exploités.

Car les hommes des classes populaires, eux aussi, sont victimes d’un modèle de virilité destructeur. On leur apprend à dominer au lieu de coopérer. À se taire au lieu de parler. À contrôler au lieu de comprendre. Ils souffrent aussi, et ils ont eux aussi besoin de cette révolution humaine.

Notre combat, ce n’est pas homme contre femme. C’est le peuple uni contre toutes les formes de domination.

Et dans ce combat, les femmes ne sont pas des victimes passives. Elles sont des combattantes, des résistantes, des travailleuses, des ouvrières, des militantes. De Rosa LUXEMBURG à Luydmila PAVLICHENKO, de Argelia LAYA aux ouvrières sans papiers

d’aujourd’hui, l’histoire du communisme est aussi l’histoire des femmes en lutte.

Alors unissons nos forces. Refusons les divisions. Car tant que toutes les femmes ne seront pas libres, aucun d’entre nous ne le sera.

Femmes du peuple, hommes du peuple : notre avenir est commun, notre lutte est commune, et notre victoire le sera aussi.

MERCI CAMARADES !

  • Rosa LUXEMBURG

Partisane de l’internationalisme, théoricienne marxiste, cofondatrice du mouvement spartakuste et ensuite du Parti Communiste d’Allemagne. Assassinée le 15 janvier 2019 (2 semaines après la fondation de celui-ci )afin d’écraser la révolte spartakiste pendant la Révolution allemande.

  • Luydmila PAVLICHENKO

Tireuse d’élite dans l’Armée Rouge, elle a abattu 309 nazis durant la 2ème guerre

mondiale sur le front de l’Est ODESSA/SEBASTOPOL. On retiendra,  entre autres , son

célèbre discours face à Roosevelt : « je porte un uniforme, j’ai tué des fascistes. Et vous, Qu’avez-vous fait ? ». Elle reste une figure emblématique de la résistance soviétique et une icône du rôle des femmes dans les combats.

  • Argelia LAYA

Figure féministe du PCV, enseignante, ayant été dans la lutte armée et dont voici une phrase tirée de son livre autobiographique “Nuestra causa”lorsqu’elle attirait l’attention au sein même du Parti communiste du Venezuela .

Le machisme réduit les femmes à une condition inférieure, c’est le fils légitime de l’exploitation de l’Homme par l’Homme, le meilleur allié du capitalisme. Les hommes et les femmes des classes exploitées, les militants qui défendent le machisme et le

pratiquent dans leurs familles et dans leurs relations avec la société servent d’instrument à leurs oppresseurs car consciemment ou inconsciemment, ils marginalisent les femmes dans la lutte des classes.

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